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Sylvie Germain

© Editions du Rocher 2000

Sylvie Germain

Cracovie à Vol d’oiseau

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Texte lu par Barbara Szypulska, enregistrement réalisé en collaboration avec l’association Radiofonia
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© Editions du Rocher 2000. Avec tous nos remerciements à Sylvie Germain et à Artège Groupe, pour leur participation et leur soutien au projet „Kody miasta”
Mais d’où sortent ces volatiles criards ? Du fond de la campagne, et tout autant des fables. Ils sont des émissaires des corbeaux fondateurs de la ville, ils ont pour mission de rappeler aux Cracoviens, qu’ils soient de souche ou de passage, qu’ils ne sont pas les seuls maîtres du lieu, que la gente ailée les y a précédés, et amplement surpassés en sagesse. Depuis plus de 50 000 ans des humains se sont établis dans cette région ; après des millénaires de déambulation et de réfléxion tâtonnante ils ont construit une cité sur un plateau calcaire dominant un méandre de la Vistule, la colline de Wawel alors couverte de forêts et entourée de marécage. Peut-être ont-ils élu cette butte rocheuse sur les conseils de leurs mages après que ceux-ci eurent longuement observé les tournoiements des corbeaux dans les airs et déchiffré l’obscure calligraphie de leur plume semées au cours de vol. (...) Sur les bords de la Vistule aussi on vénérait les corbeaux, leurs croassements étaient perçus comme une voix de la Terre-Mère. Un voix rauque, syncopée, qui parlait juste. On l’écoutait, elle faisait loi. Les premiers rois, pour s’attirer la bienveillance de ces oiseaux sacrés et recevoir une part de leur sagesse, s’attribuèrent leur nom, Kruk, ou prirent un dérivé de leurs cris, Krak. Krak, Krak, Krak rabâchaient les corbeaux au-dessus du rocher constellé de plumes noires. Et en écho les hommes se sont bâti un nid fortifié nommé Krakow.

Avec tous nos remerciements à Sylvie Germain et aux Éditions Artège  pour leur participation et leur soutien au projet „Kody miasta”
© Editions du Rocher 2000. Avec tous nos remerciements à Sylvie Germain et à Artège Groupe, pour leur participation et leur soutien au projet „Kody miasta”
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Sylvie Germain

« Écrire c'est écouter la langue respirer là où elle se tait, entre les mots. Sylvie Germain.» 

Après des études de philosophie à la Sorbonne, Sylvie Germain se lance dans des recherches sur l'ascèse dans la mystique chrétienne, son sujet de maîtrise, et sur le visage humain, son sujet de doctorat.

Elle entre au ministère de la culture en 1981, à la direction de l'audiovisuel, et se met à écrire des contes et des nouvelles. C'est sur les conseils de l'écrivain Roger Grenier, à qui elle envoie un recueil d'écrits, qu'elle se lance dans l'écriture de son premier roman.

Le livre des nuits est publié en 1984, et reçu au mieux par le public et la critique. Entre 1986 et 1992, elle connaît sa "période tchèque", s'installe à Prague où elle travaille comme documentaliste et professeur de philosophie ; son roman Jours de colère, qui sort en 1989, est récompensé par le prix Fémina. Le retour à Paris en 1992 est difficile et ne dure que deux ans : Sylvie Germain part vivre à La Rochelle, puis à Pau, où elle se consacre à son métier d'écrivain - entre fictions et essais.

Son oeuvre est diversifiée : en 1999, elle publie une biographie d'Etty Hillesum, puis des récits de voyages, un essai et un album de photographies. Ce n'est qu'en 2005, avec Magnus qu'elle se fait connaître du grand public en remportant le Goncourt des lycéens. En 2008, elle publie encore L'inaperçu, puis Hors Champ, en 2009.

Le 25 mai 2013 elle est élue à l'Académie de Langue et de Littérature françaises de Belgique. En 2013, elle publie Petites scènes capitales, un roman ciselé qui confronte l'âme au passage du temps.

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